L’histoire du chantier | Héritage Technique Indéniable | L’histoire du Strongall

Photos de Bernard Moitessier

Écrivain de grand talent, marin d’exception et philosophe reconnu bien au delà de nos frontières, Bernard MOITESSIER est entré dans la légende.

  • Il a suscité de fortes vocations en communiquant sa précieuse philosophie à tous ceux qui, épris de liberté, ont « franchi le pas » et s’épanouissent loin de nos contrées agitées.
  • Tout ou presque… a été dit et écrit sur Bernard, personnage tout à fait hors du commun.
  • « Ou presque »… je pèse ces mots car je crains justement, que son formidable génie de la simplicité ait échappé à certains et s’évanouisse dans les oubliettes de l’histoire, ce qui serait injuste et regrettable.
  • Plus que tout autre marin, Bernard était hanté non seulement par l’obligation de robustesse du bateau, mais aussi par l’entretien, d’où simplicité maxi.
  • Dans cette parfaite logique de marin, le pont de JOSHUA – par son dépouillement très étudié – a toujours constitué, à mes yeux, une incontournable référence de travail.
  • Aujourd’hui, tout constructeur (amateur ou professionnel) devrait s’inspirer du meilleur de ce chef-d’oeuvre de bon sens pratique, sur alu comme sur acier.
  • Simplicité drastique certes, mais solutions minimum longuement mûries et réfléchies !… Sur le pont de JOSHUA, rien ne devait accrocher, rien ne devait blesser, rien ne devait coincer : ni rails ni pièces vissées, mais soudage de robustes anneaux en lieu et place (pour faciliter le surf du pinceau, tout garder propre et en finir avec les adhésifs de protection !
  • En outre, les solutions les plus économiques étaient à l’ordre du jour, car Bernard n’était vraiment pas riche lorsque Jean, mon père, lui construisit en 1961, la coque numéro 1 de JOSHUA à CHAUFFAILLES.
  • Parmi les originalités de ce plan de pont – d’une rigueur monacale – le fameux « capot Chinois » par exemple, mérite le détour : 100 % étanche grâce à ses judicieux volumes de dépression malgré l’absence de joint souple, inviolable, réduisant les ponts thermiques, il divise par 3 les temps de peinture sur son périmètre en maintenant l’aspect du neuf : qui fait mieux ?
  • J’étais bien jeune dans le métier lorsque ma petite équipe de compagnons démarrait à TARARE la construction en série des JOSHUAS, et le parrainage de Bernard me fut d’un sacré secours !
  • Plus de quarante années nous séparent aujourd’hui de la mise à l’eau de la coque de Bernard à LYON, et l’esprit du maître reste profondément enraciné dans nos réflexes – tout ce qui a pu être essayé de différent s’est finalement avéré souvent moins convaincant, alors, merci Bernard pour ton intelligente contribution à la conception des ponts métalliques de nos voiliers.

Joseph FRICAUD